Détente ou peut-être réalité Yacou l’orpailleur
Détente ou peut-être réalité
Yacou l’orpailleur.
Ici même, je vous ai déjà parlé de Iron Yacou. En fait ce qu’il faut dire, c’est que Yacou est un individu aux multiples facettes. Tenez !!! Je m’en vais vous raconter une des facettes dont Yacou tient à occulter mais dont j’ai souvenance.
Inutile de vous préciser que la scène se passe à Bondoukuy. Et voilà une redite utile. Si je parle de Bondoukuy, c’est à cause de et grâce à Yacouba Koumbia à qui j’ai fait la ferme promesse de faire sortir de l’anonymat ce petit village perdu entre Bobo-Dioulasso à 100 km au Sud et Dédougou à 75 km au Nord. Précisons également que les faits se sont déroulés à l’époque où il était facile d’aller partout au Burkina Faso sans soucis majeurs. Je souhaite d’ailleurs le retour de cette sérénité à laquelle nous aspirons tant. Venons-en aux faits !!!
Tout est parti le jour où Hangnamou est revenue du marché de Bouan, un petit village voisin au Nord de Bondoukuy ; soit dit au passage, village de Nazi Boni. Aussitôt rentrée, Hangnamou se mit à fredonner : Hooo, Yaro !!! Bouan Yaro !!! Hooo Yaro !!! Bouan, Bouan, Yaro !!! Ce qui veut dire Hooo l’homme !!! L’homme de Bouan !!! Hooo l’homme !!! L’homme de Bouan !!!!
Indifférent au début puis agacé, Yacou, notre Lomboza de Bondoukuy finit par demander ce qu’il se passait. « Je parle de l’homme de Bouan. Il est revenu du site d’or de Mana et actuellement les billets de banque jonchent les ruelles de Bouan. Tout le monde en parle. Sauf ceux qui sont assis ici ».
Outré, Lomboza de Bondoukuy répliqua : « Assez femme !!! Demain je m’en irai à Mana et je vous rapporterai des lingots d’or ici sauf si ce n’est pas moi. Tu parles de billets de banque ?! Moi je te parle de lingots d'or !!! ».
Le désormais Yacou l’orpailleur ordonna qu’on transforme un sac entier de 100kg de mil en couscous. « C’est pour mon viatique » a-t-il précisé. Il faut dire qu’à l’époque c’était l’orpaillage artisanal et chacun s’installait et se débrouillait comme il pouvait sur le site. Quoi de plus normal que de prendre de quoi se sustenter durant les premiers jours avant que le filon d’or ne se laisse découvrir.
En liesse, Bondoukuy accompagna jusqu’à la sortie du village, Yacou l’orpailleur et l’âne qui transportait son sac de 100kg de couscous. Un mois plus tard, Yacou regagna nuitamment Bondoukuy, sans l'âne et supplia que sa famille transformât encore un autre sac de 100kg de mil en couscous. « Notre filon est promoteur » leur a-t-il laissé entendre. Rassurées, Hangnamou et la famille firent le nécessaire. A la surprise générale, un autre mois plus tard, Yacou revînt au village. « J’ai juste besoin d’un autre sac de couscous. Peut-être qu’avant même que je ne retourne à Mana, notre or sera sur la place du marché, à Bagassi », tenta-t-il de les amadouer. Silence total. Silence que Hagnamou troubla : « Hooo Yaro !!! Bouan Yaro !!! ».
Depuis lors, Yacou l’orpailleur n’a plus remis les pieds dans un site d’or. Et je sais que Yacou Koumbia voudra remettre en cause cette narration. Heureusement que j’ai un témoin. Boureima Diallo Kaf.
Vivement donc le retour de la paix et de la sérénité pour permettre à une caravane d’aller de Dori à Bondoukouy, en passant par Bobo-Dioulasso, en chantant Hooo Yaro !!! Bouan Yaro !!!. Et en attendant, nous sommes aujourd’hui, lundi, le 17 mars 2025. Que Dieu veuille et veille. Que Allah nous garde et nous guide.
Hama Hamidou DICKO
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